À quelques kilomètres de Gordes, la pierre sèche compose un paysage qui semble figé dans le temps. Le village des bories raconte pourtant une histoire très concrète, celle des paysans qui cultivaient les terres du Luberon, abritaient leurs outils et accueillaient parfois leurs troupeaux dans ces cabanes sans mortier. Je vous propose de découvrir ce qui rend le site remarquable, ce que l’on peut y voir et comment organiser sa visite en 2026.
L’essentiel pour découvrir ce hameau de pierre sèche
- À 4 km de Gordes, sur les premières pentes des Monts de Vaucluse.
- Un ensemble d’environ vingt cabanes, avec bergeries, fours, cuves, murs et ruelles.
- Une architecture construite sans mortier, à partir des pierres retirées des terres agricoles.
- Ouvert tous les jours en 2026, sauf les 1er janvier et 25 décembre.
- Tarif adulte de 8 €, gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Un ancien hameau agricole devenu patrimoine provençal
Le site se trouve dans le quartier des Savournins, à environ 4 kilomètres du centre de Gordes. Il ne s’agit pas d’un village habité au sens classique, mais d’un ancien groupement de cabanes utilisées principalement pour les travaux agricoles et pastoraux.
Les constructions servaient de bergerie, de remise, d’abri temporaire ou de lieu de stockage. On y trouve aussi des fours à pain, des cuves à vin, des aires à battre le blé et des enclos. Cette diversité permet de comprendre l’organisation quotidienne d’une campagne où chaque espace répondait à un besoin précis.
Les formes visibles aujourd’hui datent surtout des XVIIIe et XIXe siècles, même si certaines structures peuvent être plus anciennes. Longtemps abandonné et envahi par la végétation, l’ensemble a été restauré entre la fin des années 1960 et 1976 sous l’impulsion de Pierre Viala. Le site a ensuite été classé monument historique en 1977.
Ce que j’apprécie ici, c’est que la beauté ne repose pas sur un décor ajouté après coup. Elle vient d’une architecture née de la nécessité, parfaitement adaptée au relief, au climat sec et aux matériaux disponibles sur place.
Ce que l’on découvre pendant la visite
Une architecture sans ciment ni mortier
La technique de la pierre sèche consiste à empiler et ajuster les pierres sans liant. Les bâtisseurs sélectionnaient chaque bloc selon sa forme et son poids afin de créer des murs stables et des voûtes résistantes.
Les toitures arrondies sont particulièrement impressionnantes. Elles reposent sur le principe de l’encorbellement, où chaque rangée de pierres avance légèrement vers l’intérieur jusqu’à fermer la couverture. Le résultat paraît simple, mais il demande une vraie maîtrise du geste et une excellente connaissance de la pierre.
Un paysage pensé pour travailler
Les cabanes ne sont pas isolées au hasard. Elles s’inscrivent dans un réseau de murs, de passages, d’enclos et de terrasses agricoles. Les pierres extraites lors du défrichement étaient réutilisées pour construire, protéger les cultures et retenir la terre.
En parcourant les ruelles, on comprend mieux le lien entre le bâtiment et le paysage. Chaque mur avait une fonction, qu’il s’agisse de protéger une parcelle, de canaliser les animaux ou de limiter l’érosion.
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Une visite plus riche qu’une simple promenade photo
Le lieu est photogénique, mais je conseille de ne pas le réduire à quelques clichés de toitures en lauze. Les objets et outils présentés sur place donnent un aperçu du quotidien rural et expliquent comment ces espaces étaient réellement utilisés.
Comptez environ 45 minutes à 1 heure pour une découverte confortable. Les visiteurs qui prennent le temps d’observer les détails, les matériaux et les différents usages peuvent facilement prolonger la visite.
Préparer sa visite en 2026
Le site est annoncé ouvert tous les jours en 2026, avec des horaires qui changent selon la saison. La dernière entrée se fait 30 minutes avant la fermeture, un détail important si vous arrivez en fin de journée.
| Période | Horaires |
|---|---|
| 2 au 31 janvier | 10 h à 17 h |
| 1er février au 29 mars | 9 h à 17 h 30 |
| 1er avril au 31 mai | 9 h à 19 h |
| 1er juin au 31 août | 9 h à 20 h |
| 1er au 30 septembre | 9 h à 19 h |
| 1er au 26 octobre | 9 h à 18 h 30 |
| 27 octobre au 3 novembre | 9 h à 17 h 30 |
| 4 au 30 novembre | 9 h à 17 h |
| 1er au 31 décembre | 10 h à 17 h |
Le tarif est de 8 € pour un adulte. Les jeunes de 12 à 17 ans et les étudiants bénéficient d’un tarif de 4 €, tandis que l’entrée est gratuite pour les moins de 12 ans. Les groupes d’au moins 10 adultes paient 7 € par personne et les groupes d’enfants 2 €.
Un parking gratuit se trouve près de l’entrée. Les autocars et camping-cars doivent utiliser le stationnement situé au bord de la D2, puis prévoir environ 20 minutes de marche. Les chiens sont acceptés s’ils restent tenus en laisse.
Le terrain est irrégulier et pierreux. L’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite est donc partielle et nécessite parfois une aide. Je recommande de contacter l’accueil avant le déplacement si vous avez besoin d’un fauteuil adapté ou d’informations précises sur le parcours.
Comment intégrer le site à une journée autour de Gordes
La visite se combine facilement avec une découverte de Gordes, de l’abbaye de Sénanque ou des paysages du Luberon. Pour éviter une journée trop chargée, je conseille de choisir deux sites principaux plutôt que d’accumuler les arrêts.
Une matinée peut commencer par les cabanes, lorsque la lumière est plus douce et que la chaleur reste supportable. Vous pouvez ensuite rejoindre Gordes pour déjeuner et visiter le village perché. Cette organisation laisse aussi du temps pour profiter des panoramas sans courir d’un monument à l’autre.
Il n’y a pas de restaurant sur place. Le pique-nique doit se faire à l’extérieur du site, tandis que Gordes offre davantage de possibilités pour manger, boire un café ou acheter des produits provençaux.
Pour les amateurs de randonnée, le secteur permet de prolonger la sortie dans les Monts de Vaucluse. Il faut toutefois distinguer la visite patrimoniale, relativement courte, d’une véritable randonnée qui demande de bonnes chaussures, de l’eau et une vérification préalable de l’itinéraire.
À qui je recommande vraiment cette découverte
Le site convient particulièrement aux personnes intéressées par l’histoire rurale, l’architecture vernaculaire et les savoir-faire anciens. Les familles y trouvent un parcours visuel facile à comprendre, même si les jeunes enfants doivent rester près des adultes à cause des pierres et des passages irréguliers.
Je le recommande aussi aux voyageurs qui veulent voir une Provence moins décorative et plus liée au travail de la terre. Les amateurs de photographie apprécieront les volumes des cabanes, mais la lumière estivale peut être très forte. Au printemps ou en début d’automne, la visite me paraît plus agréable.
En revanche, il ne faut pas s’attendre à un grand musée avec de nombreuses salles ou à une animation permanente. L’intérêt repose sur l’authenticité du paysage et la compréhension des usages. Si vous aimez les visites rapides et très scénarisées, l’expérience pourra sembler sobre. Si vous prenez le temps d’observer, elle devient beaucoup plus parlante.
La pierre sèche donne une autre mesure du temps
Le hameau de Gordes mérite une place dans un itinéraire en Provence parce qu’il montre une région façonnée par des gestes patients, des ressources limitées et une remarquable capacité d’adaptation. On y découvre des cabanes, mais surtout une manière de vivre avec le relief, la sécheresse et la terre.
Pour profiter pleinement de la visite, prévoyez des chaussures fermées, de l’eau en été et un peu de temps pour regarder les détails. Le meilleur souvenir ne vient pas seulement de la photo, mais de la compréhension de ce que ces murs racontent encore sur la Provence agricole.